Signes et symptômes du TSPT

Selon les professionnels de la santé mentale, le Trouble de stress post-traumatique (ou TSPT) est un état mental qui se traduit par une série de réactions émotionnelles et physiques chez les personnes qui ont été témoins ou victimes d’un événement traumatique.

Les événements qui amènent l’individu à craindre pour sa vie et son bien-être – comme un accident de voiture ou autre, une agression physique ou sexuelle, des abus à long terme, la torture, une catastrophe naturelle, la vie dans une zone de guerre, ou des expériences bouleversantes comme la mort d’un être cher – peuvent tous déclencher les symptômes suivants du TSPT…

1. La douleur physique

Le TSPT commence souvent par une série de troubles physiques courants, comme des maux de tête ou des migraines, des étourdissements, de la fatigue, des douleurs thoraciques, des difficultés respiratoires et des problèmes d’estomac et de digestion. Au début, la personne peut ne pas se rendre compte que sa douleur est liée à son TSPT. Selon le  Ministère Américain des Anciens Combattants, 15 à 35 % des personnes qui souffrent de douleurs chroniques sont également atteintes du TSPT. Il fait également référence à une étude qui a révélé que 51 % des patients souffrant de douleurs chroniques dans le bas du dos étaient également atteints du TSPT.

“Pour les personnes souffrant de douleurs chroniques, la douleur peut en fait servir de rappel de l’événement traumatique, ce qui tend à aggraver le TSPT. Les survivants d’abus physiques, psychologiques ou sexuels ont tendance à être plus exposés au risque de développer certains types de douleurs chroniques plus tard dans leur vie”, indique la source.

2. Cauchemars ou flashbacks

Il est très fréquent que les personnes souffrant d’un TSPT fassent des cauchemars ou aient des flashbacks – un symptôme connu sous le nom de “réexpérience” – dans lequel le patient revit soudainement et vivement l’événement traumatique de manière répétitive. La réexpérience peut s’inscrire dans les rêves ou se manifester soudainement à l’état de veille par des images ou des sensations de douleur et de peur physiques et émotionnelles. Les enfants et les adultes qui en souffrent peuvent avoir des difficultés à dormir et être anxieux à l’idée de sortir de chez eux.

Ces symptômes peuvent être extrêmement terrifiants pour le patient, car il revit son traumatisme une fois de plus. Ces cauchemars ou flashbacks peuvent être déclenchés par quelque chose, qu’il s’agisse de pensées, d’odeurs, de ce que quelqu’un a dit ou d’un bruit. “Ces [déclencheurs] vont dans la partie profonde de votre cerveau. Vos instincts prennent le dessus”, explique Elspeth Cameron Ritchie, Docteur  en médécine, Master en Santé Puplique, psychiatre militaire à la retraite, à Health.com.

3. Dépression ou anxiété

Les phobies mentales, que les professionnels considèrent comme une peur irrationnelle et persistante et un désir d’éviter certains objets ou situations, peuvent provoquer une anxiété extrême chez les personnes souffrant du TSPT, au point de provoquer paranoïa et dépression.

4. Repli sur soi

Les patients souffrant du TSPT, adultes ou enfants, qui avaient une vie sociale et des centres d’intérêt solides, peuvent soudainement se désintéresser de leurs passe-temps favoris, de leurs activités et de leurs amis, alors qu’ils étaient auparavant très passionnés. La recherche d’un comportement à risque peut également être une forme d’évasion par l’abus de drogues ou d’alcool, ou la recherche de sensations fortes.

5. Retrait

Le fait d’éviter tout stimulus physique ou mental qui leur rappelle un événement traumatique passé peut être typique du TSPT. Par exemple, les personnes impliquées dans des accidents de voiture tragiques peuvent éviter de conduire et de se déplacer en voiture. Le TSPT peut également entraîner un comportement particulier consistant à éviter les lieux ou les personnes qui vous rappellent l’expérience traumatisante.

Bien que ce comportement puisse être aussi spécifique que la conduite d’une voiture, il peut aussi être plus général. “Si quelqu’un a été victime d’une agression sexuelle, non seulement il évite cette personne qui pourrait encore se trouver dans son université, mais il peut aussi éviter complètement les hommes, éviter d’aller en cours.Cette personne est pétrifiée”, explique à Health.com Jack Nitschke, Docteur, professeur associé de Psychiatrie et de Psychologie à l’Ecole de Médecine et de Santé Publique de l’Université du Wisconsin. Cet évitement peut également consister à refuser de parler de l’événement et à rechercher du réconfort dans des choses comme les drogues ou l’alcool, indique l’Association Américaine de Psychologie.

6. Refoulement

Le refoulement, ou le blocage intentionnel des souvenirs associés à un événement ou une expérience passés, est également un symptôme du TSPT. Le patient peut détruire des photos ou des souvenirs d’une période de sa vie ou tenter de se distraire en se consacrant à son travail.

7. l’indifférence affective

Il est très fréquent que les personnes atteintes du TSPT essaient de neutraliser leurs émotions. Après tout, il est difficile de souffrir quand on ne ressent aucune émotion. l’indifférence affective conduit souvent à un retrait progressif et finalement à un isolement complet des cercles sociaux.

8. Hyperexcitation

Il est fréquent que les personnes atteintes du TSPT souffrent d’une hyperexcitation si forte qu’il leur est impossible de se détendre par crainte des menaces. Ces personnes peuvent être caractérisées comme étant “à cran” et “nerveuses” ou facilement effrayées. L’Institut National de la Santé Mentale écrit que “les symptômes d’éveil sont généralement constants, au lieu d’être déclenchés par quelque chose qui rappelle des souvenirs de l’événement traumatique. Ils peuvent rendre la personne stressée et en colère. Ces symptômes peuvent rendre difficile l’accomplissement des tâches quotidiennes, comme dormir, manger ou se concentrer.”

9. Irritabilité

Cet état de peur et de paranoïa permanentes peut entraîner une irritabilité extrême associée au TSPT, une indécision et un manque total de concentration, des insomnies et des difficultés à entretenir des relations personnelles.

10. La culpabilité et la honte

Les patients souffrant du TSPT qui ne parviennent pas à surmonter leur expérience négative peuvent avoir du mal à aller de l’avant et à mener une vie saine. Ils peuvent se blâmer et revivre constamment l’événement, en se demandant comment ils auraient pu l’éviter. Souvent, une honte et une culpabilité immenses s’installent s’ils se rendent responsables de la tragédie.

En 2013, les symptômes liés à l’humeur sont devenus une partie importante du diagnostic du TSPT, y compris la culpabilité et la honte. “Ces symptômes ne sont pas nécessairement propres au TSPT, mais je pense qu’il y a un changement après le traumatisme”, explique à Health.com Sonya Norman, Docteur, directrice du Programme de Consultation sur le TSPT au Centre National du TSPT et professeur de psychiatrie à l’Université de Californie San Diego. “À cause de ce qu’ils ont vu ou de ce qu’ils ont fait, ou [parce qu’] ils n’ont pas pu empêcher la catastrophe, ils ressentent beaucoup de culpabilité. Il est très fréquent de surestimer le contrôle qu’ils avaient et de se blâmer.”

11. Changement de comportement

Celui-ci est lié à l’hyperexcitation car il affecte le comportement et les émotions. Selon  WebMD, une personne souffrant du TSPT verra son comportement changer en raison de ses émotions exacerbées. Elle peut réagir différemment de ce qu’elle aurait fait auparavant. L’exemple utilisé par WebMD est le suivant: si la personne était auparavant un conducteur prudent, elle peut devenir super agressive et dangereuse avec des crises irrationnelles.

D’autres comportements peuvent changer, comme la capacité à dormir la nuit ou à se concentrer sur une seule tâche. Ils seront envahis par de nombreuses émotions invalidantes telles que la peur et l’anxiété, ce qui les empêchera d’accomplir les tâches quotidiennes les plus simples. Les enfants et les adolescents souffrant du TSPT présentent des symptômes très similaires à ceux des adultes, mais peuvent avoir des “comportements perturbateurs, irrespectueux ou destructeurs”.

12. Sautes d’humeur

WebMD note également que le TSPT ne se manifeste pas toujours par des signes évidents tels que des cauchemars et des flashbacks. Une personne qui en souffre peut connaître des sautes d’humeur, qui ne sont pas toujours liées à l’événement traumatique ou ne semblent pas l’être.

La meilleure façon de le savoir consiste à déterminer si leur humeur est négative. “Vous pouvez vous sentir désespéré, engourdi, ou mal dans votre peau ou dans celle des autres. Les pensées de suicide apparaissent et disparaissent. Un sentiment profond de culpabilité et de honte est également fréquent”, indique WebMD. La source souligne également que les patients peuvent ne plus apprécier les mêmes activités qu’auparavant et ne plus être aussi motivés à entretenir des relations.

13. Hypervigilance

Selon l’Institut National de la Santé Mentale, les personnes atteintes du TSPT se sentent stressées ou effrayées, même lorsqu’elles ne sont plus en danger. Cela les met en état d’alerte permanente, ce que l’on appelle l’hypervigilance. “Vous scrutez votre environnement en permanence”, explique Elspeth Cameron Ritchie, Docteur en médécine, Master en Santé Publique, psychiatre militaire à la retraite, à Health.com.

Lorsque nous disons qu’une personne est en état d’alerte, nous ne voulons pas dire qu’elle regarde derrière son épaule toutes les minutes, mais elle peut faire certaines choses pour se sentir en sécurité. Par exemple, dans les lieux publics comme un restaurant ou un amphithéâtre, elle peut vouloir s’asseoir dos au mur afin de pouvoir voir à tout moment ce qui l’entoure.

14. Facilement effrayé

Ce phénomène est étroitement lié à l’hypervigilance, car les personnes atteintes sont sur le qui-vive. Bien que les personnes souffrant du TSPT se protègent en s’assurant d’être toujours prêtes à réagir, elles peuvent néanmoins être facilement effrayées. Health.com écrit qu’elles sont susceptibles de réagir de manière exagérée lorsqu’elles sont surprises ou effrayées, surtout si cela leur rappelle leur traumatisme initial.

“Quelqu’un se rapproche derrière vous et vous faites un bond”, explique le Dr Nitschke à Health.com. “Avant le traumatisme, vous ne l’auriez pas fait. L’hyperexcitation peut nuire au sommeil et à la concentration, et elle peut aussi se manifester par des accès de colère.”

15. Les symptômes durent plus de 3 mois

Pour qu’une personne soit diagnostiquée comme souffrant du TSPT, elle doit présenter les symptômes ci-dessus pendant au moins “un mois à peu près”. L’Institut National de la Santé Mentale précise également que ces symptômes doivent être suffisamment graves pour interférer avec la vie quotidienne. Il est important de noter que les problèmes médicaux et la toxicomanie doivent également être écartés comme causes probables du changement de comportement.

“Chez de nombreuses personnes, vous avez des symptômes chroniques qui vont et viennent”, explique le Dr Ritchie à Health.com. “Chez certaines personnes, ils disparaissent et chez d’autres, ils persistent”. Si vous ou une personne de votre entourage présentez l’un de ces symptômes sur une période de quelques mois, parlez-en à un médecin ou à un professionnel de la santé.

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